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ALICE LEVEQUE

Major de sa promo en 2015 et grand prix de la section photo, Alice Lévêque, 26 ans, fait déjà partie des grands talents de la photographie contemporaine. Évoluant entre l’univers de la mode et les séries plus expérimentales, son travail révèle une construction graphique pointue autour du mouvement et du flou

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Quelques mots sur ton parcours et ton univers visuel pour démarrer ?
J’ai 26 ans, je suis née à Paris et j’ai grandi sur l’île de Mayotte. Je vis en métropole depuis treize ans maintenant. Premier appareil à 14 ans, un Kodak, avec lequel je m’applique à photographier ce qui s’anime autour de moi. Rapidement, au lycée, je me concentre sur les visages. J’expérimente le portrait, ceux de femmes que je croise dans la cour ou dans la rue. C’est à ce moment-là que le premier avant-goût pour la photographie de mode apparaît. Après le bac, je suis reçue à l’ETPA de Toulouse où pendant trois ans, j’ai pu apprendre mon métier, la technique, la lumière, la photographie numérique et argentique. En sortant de l’école en Juin 2015, je commence à travailler en tant que photographe indépendante dans le milieu de la mode et deux ans plus tard, je déménage à Paris. Mon challenge à ce moment-là : développer mon réseau, me confronter à la concurrence, rude dans le monde la photographie, bref, grandir et me dépasser. Le nombre important de photographes oblige à travailler d’avantage son identité artistique. En effet, pourquoi t’appeler toi plus qu’un autre ? Mais construire une identité visuelle prend du temps c’est le travail d’une vie sans doute. Mon approche artistique oscille entre un travail personnel, d’auteur, dédié à l’exposition et professionnel en lien avec des marques de mode. Mon but étant de les faire cohabiter afin que ces pratiques se nourrissent l’une de l’autre. Mon univers est expérimental, j’aime travailler les matières, le flou et ne pas anticiper ce qui va apparaître sur mon écran. L’idée de ne pas pouvoir refaire deux fois la même image est très stimulante.

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Le confinement a-t-il remis en question tes projets et ta manière de travailler ?
Cela m’a offert le temps d’expérimenter de nouvelles pratiques, comme la photographie de produits cosmétiques notamment. Le confinement n’a pas remis en question mes projets mais les a fait évoluer. Au-delà de l’aspect financier qui nous a tous impacté, mon mantra est de garder en tête qu’il y a toujours un mal pour un bien. Rester positive et garder les yeux ouverts.

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Tu travailles beaucoup autour du mouvement et du flou également dans tes productions personnelles… Comment expliques-tu ce « désir d’atteindre l’accident photographique » ?
Il s’agit, j’imagine, de ma sensibilité et de mon rapport au « beau ».
Mon univers est conceptuel mais ma vision est très claire : je fais régner sur ma vie et mon quotidien une rigueur importante, j’anticipe et organise les choses. Finalement, il n’y a qu’en photographie que je laisse sa place au hasard et à l’expérimentation. Une histoire d’équilibre sans doute !

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Il y a une vraie construction de l‘image mais aussi une part de hasard ?
L’un va avec l’autre. Pour faire du flou il faut apprendre à maîtriser le net. Disons que tout est mis en œuvre techniquement pour accéder à un rendu précis. La construction graphique de l’image et ses proportions sont calculées. Le hasard lui est lié au flou mais est néanmoins anticipé. Il est possible de diriger le début et la fin d’un mouvement grâce à différents facteurs, le rythme du sujet, mon propre mouvement et le temps d’obturation.

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Quel est ton regard sur l’influence d’Instagram et comment t’en sers-tu au quotidien ?
Instagram fait partie de notre vie, il faut réussir à s’en servir sans se faire du mal. La comparaison y est omniprésente ce qui peut exacerber nos angoisses et déclencher des jalousies. Il convient de garder en tête que les utilisateurs dévoilent les aspects positifs de leurs vies, les meilleurs moments passés sous un filtre… Concernant la photographie il y a une nette évolution quant à la maitrise de l’image dans le milieu amateur, Instagram est un outil simple d’utilisation qui offre la possibilité de réaliser des images et les retravailler. C’est une nouvelle porte qui s’ouvre et je trouve cela positif. L’algorithme très sélectif, pousse les gens à prendre soin de ce qu’ils vont poster. L’abondance d’images est cependant assez oppressante on ne peut pas le nier. C’est une ouverture sur le monde, à la photographie internationale ainsi qu’une vitrine pour les professionnels. Me concernant, je l’utilise comme un portfolio qui me permet de démarcher et d’entrer en contact direct avec des personnes que je n’aurais pas osé aborder en réel.

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Peux-tu nous parler de tes futurs projets ? Des prochaines expos ?
J’ai travaillé durant trois ans sur une nouvelle série artistique « La Salie ». Elle devait être exposée en Avril 2020 au centre d’art contemporain photographique de la Villa Pérochon à Niort. L’exposition n’a pas été annulée mais déplacée au mois d’avril 2021. Je n’ai encore jamais montré ces images et j’ai hâte de pouvoir les dévoiler.

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Une collaboration dont tu rêves ?
Ce que je souhaite, c’est être appelée pour mon travail. Il faut être patiente et persévérer. Je prends aussi du plaisir à répondre à une commande bien précise, à travailler en équipe et à aborder un cahier des charges client avec un ADN plus commercial. Il y a une chose que je n’ai jamais faite : les backstages des défilés, qui doivent être un terrain de jeu incroyable.

Si tu avais pu créer l’Univers, t’aurais fait quoi ?
Une chambre noire (caméra obscura) géante.

https://aliceleveque.com/

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