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Tim Leclabart : designer de pièces sculpturales et lumineuses

Sélectionné dans la catégorie Jeune Talent par le salon Maison&Objet, le designer Tim Leclabart s’inspire de l’histoire et du modernisme brésilien pour façonner des pièces sculpturales et lumineuses. A l’occasion de sa première exposition personnelle début octobre, il nous explique plus en détails son approche et revient sur ses prochaines collaborations.

© portrait : Alex Socks – © photos : Tim Leclabart / Studio Heraut

Bonjour Tim, comment ça va ?
Bonjour Focus, ça va très bien merci, les semaines sont intenses actuellement avec le Salon Maison & Objet. C’est une rentrée assez dense à vrai dire !

Portrait Tim credits Alex Socks Moyen jpg One&Only Kéa Island

Tu as suivi un parcours assez singulier :
galeriste, antiquaire, mise en scène d’expositions, conseil…
Se lancer dans le design était-il évident du coup ?
Je n’ai jamais été galeriste ou antiquaire à proprement parler mais j’ai travaillé plusieurs années dans ce milieu. Ces expériences m’ont permis de perfectionner mon goût pour le design en côtoyant directement les objets qui ont fait son histoire, ainsi que de rencontrer un écosystème de marchands, designers, artisans, restaurateurs. A coté, je conseillais et accompagnais des artistes en leur produisant des expositions. J’ai toujours évolué dans le milieu artistique, pratiqué la peinture, la vidéo, la photographie… et puis de fil en aiguille je me suis tourné vers la création d’objets car c’est ce qui m’intéressait le plus finalement.

Peux-tu nous expliquer ta signature « design souvenir » ?
« Design souvenir » entre particulièrement en résonance avec mon vécu, cette signature évoque le passé et à la fois une projection dans le futur dans mon travail de création d’objets et de mobilier. Et puis cela fait également référence à l’esthétique des Art Décoratifs, très présente dans mon travail. Mes objets sont conçus pour être des souvenirs de voyages, d’événements spéciaux ou de moments importants de la (de ma) vie.

Tabouret Cork credits Alex Socks Grand One&Only Kéa Island
Tabouret Cork

Comment se combinent ces multiples expériences aujourd’hui ?
Tu as pu appréhender toutes les dimensions de cet univers…
Cette connaissance du marché que j’ai acquise depuis mes débuts est un vrai atout aujourd’hui car je peux faire pas mal de choses tout seul. Être en relation avec les marchands et les galeristes m’a permis de présenter mes premières pièces assez rapidement et de me faire connaître. Je m’occupe également de réaliser les scénographies et les photos moi-même. Je suis un touche à tout en somme et c’est un vrai avantage.

Tu as développé une sensibilité plus artistique en matière de création d’objets ? Tes pièces sont assez sculpturales…
Il est vrai que je m’intéresse en premier lieu à l’esthétique générale de l’objet même si évidemment la fonctionnalité joue elle aussi un rôle important. Je ne me considère pas forcément comme un designer au sens premier du terme, mon approche est davantage portée sur des géométries simples et épurées, l’utilisation des matériaux comme le bois ou le marbre et la valorisation de savoir faire comme le cannage par exemple. La dimension sculpturale est effectivement importante pour moi.

J’ai lu que tu étais particulièrement inspiré par l’œuvre d’Oscar Niemeyer… Comment cela se traduit-il dans ton travail ?
Oscar Niemeyer, architecte et designer brésilien, fait partie de mes principales sources d’inspiration, particulièrement au niveau des courbes. Il fut une figure du modernisme brésilien et mon passage au Brésil a beaucoup contribué à façonner mon style qui est une forme d’hommage à son œuvre. Ma première table basse (Curved) est une référence directe à la Casa das Canoas à Rio de Janeiro.

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Tu collabores principalement avec des galeries ?
Oui, je travaille régulièrement avec des galeries car je les connais assez bien et ça me permet de leur proposer des pièces. Je ne travaille pas sur commande mais assez spontanément finalement, j’ai une idée, je dessine et ensuite je passe aux étapes suivantes en collaboration avec des artisans français et européens. Je réalise de petites séries limitées de quelques pièces uniquement. Je vais aussi lancer une collection avec Invisible Collection, une plateforme de vente de mobilier et objets, dans le cadre d’une collaboration avec le Mobilier National.

Chaise Constellation Toutbois Tim Leclabart 7 One&Only Kéa Island

Ton Fauteuil Canné a d’ailleurs fait son entrée au Mobilier National il y a quelques mois…
J’avoue que je ne m’attendais pas à ça mais j’en suis évidemment très fier. Cela s’est fait dans le cadre de la grande campagne d’acquisition du Mobilier National lancée en 2020. Je ne connais pas les détails de leur choix mais je pense qu’ils ont su apprécier les différentes caractéristiques du fauteuil, à savoir qu’il a été fabriqué en France (en Bretagne plus précisément), qu’il est démontable et réparable et qu’il illustre bien le savoir-faire français, il fait le lien entre héritage et modernité.

Tim Leclabart
Fauteuil Canné

S’engager pour un design plus respectueux de l’environnement…
C’est incontournable aujourd’hui de s’engager dans cette voie là et chacun essaye de faire des choses à son échelle. De mon côté, j’essaye d’utiliser au maximum les chutes de matériaux pour concevoir des pièces et de les faire fabriquer en France ou en Europe par exemple. Les contraintes restent nombreuses mais les possibilités existent pour réduire son empreinte.

Tu as participé au dernier salon Maison&Objet à Paris ?
Je fais cette année partie de la sélection Designer & Rising Talents Awards France et j’ai la chance de pouvoir exposer lors du salon. J’ai imaginé une petite scénographie pour présenter une série d’objets en rupture avec ce que j’ai déjà pu faire avant. Il s’agit de petits fantômes baptisés BOO et réalisés en medium laqué. Ce sont des objets assez singuliers qui peuvent avoir des usages multiples et qui seront associés à un totem.

Boo big Tim Leclabart Grand One&Only Kéa Island
Collection Boo

Tes projets pour les semaines et mois à venir ?
Tu travailles sur une exposition personnelle ?

Oui tout à fait, comme je le disais plus haut, j’organise mon premier solo show intitulé New Space avec la galerie Mouvements Modernes à Paris du 6 au 14 octobre. J’ai imaginé une scénographie dans les anciens locaux du journal Libération, au dernier étage dans l’ancienne salle de rédaction, qui fera écho au mouvement Space Age des années 60. J’établis un parallèle avec cette période autour d’un travail de design narratif, en utilisant des matériaux naturels comme le bois, la pierre et le papier également. J’y présenterai la chaise Constellation, un bureau en chêne, des luminaires en noyer américain et washi , une table basse en pierre de lave émaillée et une œuvre en sodalite bleue également… des nouvelles pièces uniquement. Et puis je travaille aussi sur une prochaine collaboration avec Monde Singulier, une plateforme dédiée à des objets exclusifs de designers du monde entier.

https://www.timleclabart.com/

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