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Little SHAO : L’instant juste, toujours en mouvement.

Référence internationale de la photographie de danse, ambassadeur Nikon et témoin privilégié de l’évolution des cultures urbaines, Little Shao continue d’élargir son terrain de jeu. Il revient pour Focus Magazine sur son rapport au mouvement, sa dernière exposition collective, l’impact de l’IA et évoque son futur grand projet, la publication de son premier ouvrage.

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Tu as commencé à photographier des danseurs et leurs mouvements, une culture que tu connais très bien depuis longtemps. Comment fais-tu pour saisir l’instant ?
Pour saisir le mouvement, il faut maîtriser son boîtier : il doit être capable de faire le focus exactement où tu le veux, au bon moment. Il y a aussi une question de lecture du sujet : comprendre l’action, anticiper la gestuelle et déclencher au moment parfait. Avec le temps, des mécanismes de mémoire deviennent des automatismes, et tu finis par capturer les choses presque inconsciemment. Aujourd’hui, grâce à la technologie, c’est plus simple : les rafales sont rapides, alors qu’à l’époque elles étaient trop lentes pour choper le bon moment. Mais ensuite vient l’étape essentielle : la sélection. Quelles photos garder ? Ce choix révèle ton approche, ton regard esthétique.

Little Shao

C’est ce qu’il y a de plus difficile dans ta discipline ?
Je dirais que ce milieu peut sembler fermé, car la street crédibilité y compte énormément. Tous les danseurs ne s’ouvrent pas facilement : ils ne vont pas forcément donner 100 % s’ils ne connaissent pas leur interlocuteur. Tu dois être un minimum reconnu, par ta notoriété ou ton talent, avant de prétendre collaborer avec tout le monde. Tu ne peux pas juste arriver, prendre des images et repartir. On détecte vite les imposteurs ou les opportunistes.

Tu étais au Japon pour Red Bull dernièrement, c’est bien ça ?
Oui ! J’étais à la finale du Red Bull BC One, et c’était selon moi la meilleure édition depuis des années. Le niveau, le storytelling, ce qui s’est passé chez les B-boys… Tout était incroyable. Et puis l’endroit, la vibe de la ville… Franchement, j’en ai encore des étoiles dans les yeux.

Ton portfolio présente d’autres travaux : portrait, publicité, sport, voyages…
Oui, au début je ne faisais que des portraits et de l’architecture. J’aime absolument tout dans la photographie. Beaucoup me voient comme un photographe de danse, et c’est vrai : ce sont mes deux passions réunies, puisque j’ai été danseur avant tout. Mais je suis curieux de tout, tout m’intéresse.

Tu es ambassadeur Nikon : ça consiste en quoi précisément ?
Être ambassadeur, c’est assez vaste. Pour moi, tu deviens ambassadeur quand tu as une vraie connexion avec une marque et que tu partages cet amour autour de toi. Je suis avec Nikon depuis des années. Je suis proche de la marque, je travaille avec eux sur plein de projets, je suis présent aux événements… Je les considère un peu comme une famille. J’ai aussi des avantages : des prêts, des tests, l’accès aux nouveaux produits. Je participe à certains lancements parce que je deviens expert en les utilisant au quotidien. Et plus ma connaissance de leur technologie évolue, plus mon travail photographique évolue aussi.

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Jusqu’au 18 décembre, tu participes à l’exposition “Urban Photo – 50 ans d’esthétiques urbaines”. Tu peux nous en dire plus ?
Oui ! François Gautret, qui est très investi dans la culture Hip Hop, m’a proposé d’intégrer cette exposition au Quai de la Photo. L’idée était de montrer l’évolution des esthétiques urbaines : de la documentation journalistique des débuts du mouvement dans les années 80, jusqu’à une vision plus moderne. J’ai donc choisi de présenter des clichés graphiques de danseurs dans des environnements urbains, pour montrer comment cette esthétique continue de se transformer.

Quel est ton regard sur l’IA ? Est-ce un outil que tu utilises aujourd’hui ?
Pour l’instant, l’IA m’aide surtout à retoucher certains détails ou à simplifier mon workflow. Je garde une vision très réaliste de la photographie, et j’ai la chance de pouvoir encore en vivre de cette manière. Et c’est beau.

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Tes projets actuels et futurs ?
Là, je m’accorde un mois de pause parce que 2025 a été très intense en voyages et en projets. Donc un ou deux événements seulement, et je profite : anniversaire, Noël, Nouvel An… Ensuite, 2026 démarre très fort avec plein de projets. Et surtout, un gros tournant :
j’ai enfin décidé de réaliser mon premier livre. J’ai trouvé le fil conducteur, le sujet… Je peux le dire : ça va être un banger. À suivre !

https://www.littleshao.com

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