Peintre et muraliste, Arnaud De Jesus Gonçalves développe depuis plusieurs années un langage visuel nourri de références classiques, d’influences photographiques et d’un sens aigu de la composition. Partagé entre atelier et interventions murales, il s’impose progressivement sur la scène artistique contemporaine. À l’occasion de son exposition « Ces Jours-là » à la Galerie Nicolas-Xavier, il revient sur son parcours, ses inspirations et ses projets.
Salut Arnaud, comment ça va ?
Ça va très bien. Un peu fatigué, c’est une période intense en ce moment mais toujours motivé !
Est-ce que tu peux nous raconter ton histoire et ton parcours artistique ?
Je peins depuis une vingtaine d’années. Je suis né à Avignon en 1993 et j’ai eu la chance de découvrir le dessin très tôt : j’étais ce gamin qui préférait le carnet à la cour de récré, toujours en train d’esquisser des choses plutôt que de parler (rires). À 18 ans, je me suis lancé comme auto-entrepreneur : je réalisais des fresques dans des hôtels, des restaurants et chez des particuliers. C’était loin d’être simple mais ça m’a appris la débrouille, la discipline, et surtout la persévérance.
Aujourd’hui, mon activité reste proche de ces débuts, mais avec une identité plus affirmée : je partage mon année entre la production en atelier et les projets muraux ou extérieurs, avec plus de liberté dans le choix des commandes.


Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur tes activités ?
Elles se structurent autour de deux pôles : la peinture en atelier, sur toile, destinée aux expositions, aux collections privées et aux intérieurs et le travail mural, que je pratique depuis plus longtemps encore, en France et à l’étranger, sur des commandes publiques ou privées. Ces deux pratiques se nourrissent l’une l’autre : l’atelier me recentre, les murs me sortent de ma zone de confort.
Comment définirais-tu ton langage visuel ?
Je cherche à proposer une vision contemporaine d’un art très classique. Ma peinture puise dans l’impressionnisme, les préraphaélites, mais aussi dans la photographie et le cinéma. J’aime composer des scènes fictives autour de figures féminines, avec un regard de photographe : cadrage soigné, lumières atmosphériques, couleurs sensibles. Je veux créer des images intemporelles, comme des instants suspendus.


Quels sont tes outils et tes techniques de travail ?
En atelier, je travaille principalement à l’huile, une matière exigeante mais incomparable par sa profondeur et ses nuances. Sur les murs, j’utilise l’acrylique, adaptée aux façades, avec des gestes larges, des rouleaux, des perches. Dans les deux cas, je cherche un équilibre entre précision et liberté, contrôle et énergie.



Qui sont tes clients ?
Collectivités, entreprises, promoteurs, hôtels, mais aussi particuliers. Beaucoup de commandes murales publiques grâce aux dispositifs d’intégration artistique. Tous partagent la volonté de transformer un espace par l’image et la narration.

Et en ce moment, sur quoi travailles-tu ?
Je sors d’une fresque à Pornic, puis d’un projet pour la Ville de Montpellier autour du Grand Parc du Lunaret. En parallèle, je présente Ces Jours-là, ma première exposition personnelle structurée à la Galerie Nicolas-Xavier (jusqu’au 06/12), un ensemble de 25 pièces sur lesquelles j’ai travaillé pendant six mois.
Et cette exposition à la Galerie Nicolas-Xavier ?
C’est une étape charnière pour moi. Une série cohérente et plus mature, inspirée par des scènes de genre mêlant mythes, continents et climats imaginaires. J’y ai cherché des ambiances presque sensorielles, comme des images que l’on croit pouvoir sentir ou toucher.

Ta collaboration la plus inattendue, la plus singulière ?
Ma rencontre avec Atelier Tuffery, marque de jeans cévenole. Croiser leur savoir-faire textile avec mon univers pictural m’a obligé à inventer de nouvelles techniques. Je peins désormais sur leurs toiles denim, ce qui demande de travailler en négatif. Une vraie rencontre de mondes.
La collaboration dont tu rêves ?
Créer une installation immersive totale : un lieu pensé dans son ensemble, du sol au plafond, comme l’œuvre globale de Jorge Pardo à l’hôtel L’Arlatan à Arles.
Un artiste incontournable ?
John Signer Sargent !!!!
Une œuvre d’art emblématique ?
Ce n’est pas mon œuvre favorite, mais je l’ai toujours trouvée charismatique : Portrait de la journaliste Sylvia von Harden par Otto Dix
Un musée à visiter absolument ?
Le MET museum, j’ai vu une infime partie mais alors je m’en souviens !
La dernière expo que tu as vue ?
Le musée du Chocolat à Barcelone. Je ne vais pas vous mentir, ce n’était pas dingue mais moi qui aime tellement le chocolat c’était un arrêt obligatoire en passant devant.
L’endroit idéal pour déconnecter ?
La maison, et particulièrement vous en conviendrez, le canapé ! Je pense qu’on n’y passe pas suffisamment de temps – d’une manière générale les gens travaillent trop en 2025 c’est tout le temps la course… je fais partie de ces gens, et j’aime mon canapé.
Ton disque du moment ?
Love made Trees – Loaded Honey
Un film qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie ?
AMER – de Hélène Cattet et Bruno Forzani, ce film m’avait scotché quelques temps quand je l’avais vu – très singulier, particulier d’un point de vue narratif mais visuellement fou
Quel est ton regard sur l’IA ? Et est-ce que tu l’utilises ?
Curiosité, fascination, prudence. Je l’utilise ponctuellement pour générer des textures ou des références, mais la création reste pour moi liée au geste, à la matière, à la présence. L’IA génère des images, mais elle ne produit pas la vibration d’une peinture. Je reviens toujours à mes outils traditionnels.
C’est quoi tes actus et tes prochains projets ?
Je reviens d’un projet en pleine jungle de Tulum, où j’ai conçu ma première fresque en dessinant aussi l’architecture du mur : une expérience totale.
Et pour les prochains projets ?
Une fresque monumentale à Pornic, puis un mur de 5×20 m pour la Régie des eaux de Montpellier, inspiré des gravures anciennes.
Pour te suivre en ligne ?
Vous pouvez faire un saut sur mon site internet : www.arkane-art.com
Pour les réseaux sociaux, ça se passe sur Instagram par ici : @arkane.artist
C’est le réseau où je suis le plus à jour sur les contenus généralement
Un dernier mot à ajouter ?
Un clin d’œil à mon ami Ose, en convalescence, et un merci à mon entourage et à ma compagne Laura. Et merci à Focus pour l’invitation.
