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Samuel ACCOCEBERRY : le design au service de la durabilité

Directeur artistique de Pyrenea, édité chez Alki et Marcel By, Samuel Accoceberry défend un design respectueux de son environnement global. Avec son approche méticuleuse et sa passion pour l’artisanat, Accoceberry est devenu l’un des designers les plus respectés de sa génération.

Bonjour Mr Accoceberry, pouvez-vous nous retracer votre parcours et vos premières expériences dans le monde du design ?
Mon cursus m’a permis d’adopter différentes approches du métier de designer puisque j’ai d’abord obtenu un BTS Esthétique Industrielle en 1996 puis un DNSEP option design quatre années plus tard. En février 1999, j’ai intégré la structure Conseil Design Environment à Annecy via laquelle je travaillais pour Salomon Roller. Puis en juin 2000 après mon second diplôme, je suis arrivé chez Alcatel au département « Advanced Design » au sein duquel j’étais chargé de réfléchir au design de nouveaux concepts d’éléments communicants, ancêtres des pratiques actuelles. Ces deux expériences professionnelles m’ont ainsi permis de découvrir plus en détails le design industriel mais j’avais dans l’idée d’explorer d’autres champs, particulièrement le mobilier.

Vous avez passé plusieurs années en Italie, pays phare dans le monde du design. Que retenez-vous de ces différentes expériences ?
Je me suis toujours intéressé au mobilier alors quand j’ai eu l’opportunité de me rendre à Milan je n’ai pas hésité. J’étais parti pour y travailler quelques mois puis finalement j’y suis resté plus de quatre ans. Ce fut une expérience très enrichissante car j’ai découvert toutes les facettes de la création du mobilier aux côtés de grands designers tels Paolo Zani, Antonio Citterio ou Rodolfo Dordoni. Travailler pour de prestigieuses marques transalpines est une vraie chance pour un designer car l’Italie regroupe les sociétés les plus innovantes et les plus pointues du milieu. J’espère pouvoir collaborer sur de nouveaux projets avec l’un de ces fameux éditeurs italiens.

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Parlez-nous de Marcel By et de vos récents projets avec cette maison d’édition… Comment est-née cette collaboration ?
Marcel By est une jeune maison d’édition française créée en janvier 2012 dont l’idée est de proposer un design “Made in France” . La collaboration a débuté suite à ma rencontre avec Stéphane Lanez, directeur artistique de Chevalier Edition chez qui fut édité mon tapis Tresse. J’ai commencé par la création de miroirs métalliques (Akté, Augé et Nymphé) et aujourd’hui plusieurs autres de mes produits sont présentés dans le catalogue : les tables basses Rounded, les patères Hop et les lampes Dot.

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Vous travaillez également avec Pyrenea dont vous êtes le directeur artistique et chez Alki.
Tout à fait, je travaille principalement avec ces deux structures implantées au pays basque. Etant moi-même originaire de cette région, je suis très attaché à sa culture, son savoir-faire et aux projets locaux. Ma rencontre avec le designer Jean-Louis Iratzoki marque le début de ces deux aventures. Cela s’est fait très naturellement car nous partageons la même vision du design. Il m’a sollicité en 2010 afin que je l’accompagne dans le développement du projet Pyrenea alors que nous travaillions déjà avec Alki. Notre binôme a pour ambition d’établir durablement Pyrenea sur le marché du mobilier haut de gamme destiné à l’hôtellerie.

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Vous semblez très attaché aux métiers de l’artisanat. Quel rôle joue ce savoir-faire local dans votre démarche ?
Le savoir-faire artisanal local fait partie intégrante de mon métier. Je considère le designer comme un chef d’orchestre dont le rôle est d’harmoniser le travail commun des artisans qui interviennent dans la fabrication d’une pièce. Cette synergie entre les différents métiers et techniques est primordiale dans l’aboutissement d’un projet. Je pense par exemple aux techniques traditionnelles des ébénistes. La signature du designer arrive en second plan. Je défends l’idée d’un design qui permet de crédibiliser la démarche auprès de l’utilisateur final, qui développe l’économie, qui maintien les emplois, qui valorise le patrimoine, qui respecte tous les acteurs.

Quelles sont les caractéristiques principales de vos créations ? Vous attachez beaucoup d’importance au détail.
Ma volonté n’est pas de créer un design trop marqué et ostentatoire. L’objet, le luminaire ou le meuble doivent être avant tout simples et fonctionnels avec une attention particulière apportée au détail. Ce dernier doit permettre selon moi de révéler la vraie personnalité de la pièce en question. Il apporte une certaine cohérence et rend l’utilisation plus agréable. Côté matériaux, il est vrai que j’apprécie particulièrement le bois pour son côté chaleureux, sa simplicité et sa sensualité si je puis dire. Mes pièces éditées chez Alki sont fabriquées en bois mais ce n’est pas seul matériau que j’utilise.

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Avez-vous l’intention de créer davantage de luminaires à l’avenir ?
Plusieurs collaborations sont prévues dans les prochains mois qui déboucheront sur la création de lampes professionnelles d’une part et de luminaires plus simples et décoratifs d’autre part. L’approche, l’expression et les techniques sont bien différentes de celles du mobilier. La réflexion porte sur plusieurs aspects comme la technologie et son évolution rapide, les nouvelles matières, le type de lumière dégagée, l’ambiance créée… selon que la lampe est allumée ou éteinte. C’est en tout cas un univers que je souhaite explorer davantage à l’avenir.

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Qu’en est-il de votre projet de dépose bagages automatique pour ADP sélectionné pour l’Observeur du design ?
Le dépose bagage automatique est un projet un peu spécial pour moi qui se démarque véritablement de ce que je peux faire au quotidien. Développé avec les designers Olivier Beune et F. Da Costa, il permet de répondre à l’affluence croissante dans les aéroports en apportant aux voyageurs la possibilité d’enregistrer plus facilement et plus rapidement leurs bagages. Ce concept existe déjà dans d’autres pays mais nous avons voulu le faire évoluer. Il s’agissait de créer un habillage moderne sur une machine imposée tout en répondant à de nombreuses contraintes techniques, ergonomiques et sécuritaires. Aéroports de Paris a lancé des tests l’année dernière qui se sont avérés concluants. Actuellement, plusieurs machines sont installées à Orly ouest, et peut-être à l’avenir un déploiement sur d’autres espaces aéroportuaires.

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Quels sont vos projets pour cette deuxième partie d’année ?
J’ai récemment terminé le showroom de Marcel By pour les Designer’s Days qui se sont déroulés du 4 au 9 juin. De nombreux projets sont en préparation pour cette deuxième partie d’année et pour début 2014. Je poursuis mes collaborations avec des maisons françaises dont Chevalier édition et Staub avec qui je vais prochainement lancer des nouveaux produits pour la cuisine. Je travaille également comme directeur artistique avec Jean-Louis Iratzoki sur le lancement d’une marque qui verra probablement le jour l’année prochaine et qui proposera une gamme de canapés et d’assises basses sans oublier des futures pièces en verre. Aussi la poursuite de ma résidence au Pôle Expérimental des Métiers d’Arts en Périgord Vert. Mon emploi est très chargé en somme.

http://www.samuelaccoceberry.com/

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