Francois Henri Elsa Johanna 2020 21 One&Only Kéa Island

ELSA & JOAHNNA Interview

Depuis leur rencontre à New-York en 2014, Elsa & Johanna ne se quittent plus. Formant un duo de photographes-plasticiennes, les deux artistes, également vidéastes, ont développé un étonnant projet baptisé A Couple of Them présenté à travers différentes expositions, en parallèle d’autres séries plus expérimentales aux mises en scènes soignées.

ELSA & JOAHNNA

C’est assez inhabituel de voir un duo de photographes… Comment vous êtes-vous rencontrées et pourquoi avez-vous décidé de travailler ensemble ?
On s’est rencontrées en 2014 à New-York, à la School of Visual Arts, dans le cadre d’un échange scolair, alors que nous étions en 4ème année aux Beaux-arts et aux Arts-Déco de Paris. Nous ne nous connaissions pas avant. On est devenues amies très vite et on avait des cours de photo en commun, on s’assistait sur des projets, notamment en studio et nous avions la même vision de la photographie, malgré nos pratiques qui étaient très différentes. En rentrant en France, l’été qui a suivi l’échange, nous avons commencé à réaliser un projet pendant nos vacances sans trop savoir ce qu’il allait devenir. C’était très spontané et instinctif. C’était une manière de ne pas rompre l’expérience que nous avions vécue et de garder un lien avec cette ville qui nous inspire toujours beaucoup. Puis nous avons voulu aller plus loin et nous sommes reparties à New-York pour le continuer. Cette série, intitulée, « A couple of them », était notre diplôme, et elle tourne aujourd’hui dans de nombreuses expositions. C’est un peu le projet « mère » de notre duo.

cochrane Beyond The Shadows Elsa Johanna 2018 copie One&Only Kéa Island

Justement ça se passe comment entre vous ?
Nous sommes complémentaires et assez interchangeables finalement ! En général on a une vision assez similaire des choses, et on échange beaucoup. Ou alors une idée de l’une peut compléter celle de l’autre. C’est comme un puzzle !

Elsa Johanna On my bedroom wall 2018 5 One&Only Kéa Island

Votre projet « A Couple of Them » a rencontré un franc succès. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur sa création ? Vous êtes à la fois les photographes et les personnages mis en scène ?
Nous avons commencé ce projet quelques mois après le retour de notre échange New-Yorkais. Alors que nous étions en vacances chez Elsa au Pays Basque. Nous nous sommes mises en scène en jouant des personnages proches de nous. Ils sont nés suite à nos différentes conversations, nos souvenirs mutuels de notre adolescence provinciale et nos observations urbaines. Nous nous sommes intéressées à la manière dont on pouvait apercevoir un anonyme, dans la rue, au coin d’un arrêt de bus, assis sur un banc. Ces personnes qu’on croise et qu’on ne rencontre jamais. Nous voulions, par la quantité (la série comprend 88 images), recréer une « foule imaginaire » qui confronterait le regardeur à son propre système de projection pour finalement le contredire ; nos visages reviennent de manière incessante et viennent troubler la vision que l’on peut avoir de ces photographies. Effectivement nous étions devant et derrière l’appareil photo, jouant nos personnages par deux, dans de véritables performances, qui durait plusieurs heures, voire quelques jours.

Elsa Johanna Untitled A Couple of Them 2014 2016 6 One&Only Kéa Island

Vous avez récemment présenté un solo show baptisé « ROSARIUM – C’est le soleil qui finira par nous perdre »…
Cette exposition avait un format de rétrospective. Ann Stouvenel, la commissaire qui nous a invitées à la réaliser pour clôturer notre résidence à Mains D’Œuvres, souhaitait que nous y présentions plusieurs séries. Nous avons choisi de travailler en collaboration avec un architecte d’intérieur, Alexandre Jarre, et une scénographe, Marion Flament, afin d’assumer un vrai parti pris nous sortant de l’exposition photographique classique. Nous avons réalisé une scénographie immersive entre le lieu d’exposition et le lieu domestique, où il fallait marcher en chaussons pour déambuler dans la salle recouverte de moquette rose pâle. Nous avons également modifié la lumière en apposant sur le mur de fenêtres de la salle des films jaunes qui tentaient légèrement la pièce, comme une fin de journée dans un lieu entre-deux.
Des objets et des morceaux de miroirs étaient également disposés de part et d’autre de la salle, venant ponctuer la pièce de « détails », sorte de mise en abîme de notre rapport à la mise en scène et au décor. Cette exposition était un vrai accomplissement en tant que photographes – plasticiennes, nous avons pu aller au bout de nos idées et dévoiler notre univers de manière plus poétique et singulière.

elsa et johanna rosarium fisheye 4 1200x800 1 One&Only Kéa Island

Il y a également d’autres projets plus artistiques que vous développez comme « Le Lieu d’une attente infinie »… Vous pouvez nous en parler un peu plus en détails ?
Dans cette série, on s’éloigne de notre travail d’auto fiction. Quand nous élaborons des mises en scène, que ce soit dans nos films ou dans nos photographies, nous aimons travailler avec le décor et les objets, qui ont pour nous une valeur narrative et métaphorique. Dans « Le Lieu d’une attente infinie », le corps se désincarne, pour ne devenir qu’une forme, une vision… Nous aimons travailler et détourner la « nature morte » qui est ici comme suspendue entre deux mondes. Des visages, des formes animales se dessinent alors dans ces lieux à la fois sublimes et hostiles…

Le lieu dune attente infinie Elsa Johanna 2017 03 One&Only Kéa Island

Vous réalisez également des vidéos qui viennent compléter les séries…
Avant notre rencontre, nous faisions toutes les deux autant de la vidéo que de la photographie. L’année du diplôme, nous avons commencé une collaboration avec le musicien Lenparrot et avons réalisé une collection de clips. Cela nous a beaucoup plu. Nous avons d’ailleurs réalisé notre premier moyen métrage de 40 minutes, l’année dernière, « Tres Estrellas ». Ces deux pratiques se complètent et se nourrissent mutuellement, nous aimons passer de l’une à l’autre. C’est très enrichissant.

Francois Henri Elsa Johanna 2020 10 copie One&Only Kéa Island

Quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux d’images comme Instagram ?
Nous nous servons d’Instagram pour promouvoir notre travail, diffuser sur nos actualités. Nous essayons de l’utiliser comme un outil de communication, même si parfois c’est un peu contraignant.

the safe way Beyond The Shadows Elsa Johanna 2018 One&Only Kéa Island

Quelles sont vos actualités du moment et vos projets futurs ? Vous exposerez au 34ème Festival International de Photographie de Hyères à partir de fin avril…
Depuis fin mars, une partie de notre série «A couple of them» est visible dans l’exposition collective « Lignes de vies, une exposition de légendes » au musée le Mac Val, sous le commissariat de Franck Lamy, jusqu’au 25 août. Du 16 au 20 avril nous exposerons également à «Qu’est-ce-que tu regardes», une exposition collective sous le commissariat du collectif 1:61 à l’Espace Beaurepaire à Paris. Nous sommes finalistes du prix du Festival de Mode et de Photographie de Hyères, nous y serons du 24 au 29 avril. L’exposition y sera visible jusqu’au 26 mai. Nous participons également à une exposition collective « Some of us » en Allemagne de début juin jusqu’en octobre sous le commissariat de Jérôme Cotinet-Alphaize, qui se tiendra avec 200 autres artistes femmes, dans un lieu gigantesque, au « Kunstwerk Carlshütte ». Et enfin, nous exposerons un extrait d’« A couple of them » au festival du journalisme de Couthures, dans le Sud-ouest de la France, pour le week-end du 14 juillet.

Elsa Johanna Untitled A Couple of Them 2014 2016 27 One&Only Kéa Island

https://elsa-and-johanna.com/

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