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Calypso MAHIEU Interview

Formée à l’École Cantonale d’Art de Lausanne, la photographe Calypso Mahieu explore l’univers de la mode et de la nature morte en y insufflant des vibes retro qui font de ses créations de véritables œuvres photographiques. Technique argentique, Instagram, projets en cours et futurs, enseignement… elle nous raconte son quotidien entre la Suisse et la France.

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Hello Calypso, Pour commencer, parle nous un peu de toi, de ton parcours et de tes premiers travaux photographiques…
J’ai vécu à Paris jusqu’à l’âge de 10 ans avant de déménager à Carpentras où j’ai commencé à suivre des cours de dessin tout en m’intéressant de près à l’univers de la mode. Sans trop savoir sur quoi cela déboucherait, j’ai passé un baccalauréat spécialisé en Arts Appliqués, à Avignon, où j’y ai étudié le design, l’architecture, la mode, le graphisme et l’histoire de l’art. C’était très complet et fascinant. Je suis ensuite revenue à Paris à l’aube de mes 18 ans pour y suivre une année de classe préparatoire à l’Atelier de Sèvres dans le but de préparer mon portfolio et de passer des concours qui me permettraient d’intégrer peut-être une grande école d’art. C’est à cette occasion que j’ai commencé à utiliser le médium photographique ; que ce soit avec des images d’archives de famille ou encore en réalisant mes propres photographies en studio. J’ai finalement intégré l’ECAL/École Cantonale d’Art de Lausanne en 2012 avant de poursuivre un Bachelor of Arts en communication visuelle, spécialisation Photographie. J’y ai construit mon univers et mon « style » photographique. Mes premiers travaux étaient une série d’images prises lors d’opérations de chirurgie esthétique. Les photos étaient très crues et en même temps saisissantes. J’ai aussi réalisé une sorte de photo-reportage dans un crématorium. C’était aussi osé ! À cette période, j’adorais l’idée que, grâce à la photographie, je puisse avoir accès à de tels lieux et de telles expériences. On notera déjà mon attrait pour ces deux thématiques qui me poursuivent encore aujourd’hui : le corps et la mort.

Tu as découvert la photo dans les magazines féminins…
Par quoi étais-tu attirée particulièrement ?

Les magazines féminins m’attiraient beaucoup car il y avait toujours une partie mode. Plus jeune, j’avais envie de devenir fashion designer, styliste ou exercer un métier avec lequel je pouvais être amenée à travailler dans l’univers de la mode. Mais au-delà des vêtements, j’étais fascinée par la manière dont les mannequins portaient ces vêtements. Les formes, les attitudes, les postures, la lumière… J’étais très attentive à tout cela.

Du coup, tu collabores très souvent avec la presse magazine ?
À l’ère du numérique, beaucoup de projets sont destinés à finir sur internet ou sur les réseaux sociaux. On me demande beaucoup de produire du contenu digital, que ce soit de la photographie ou même de la vidéo. Aujourd’hui, le digital a une place très importante car la visibilité semble plus conséquente. Les marques ou même les magazines sont donc très friands de visuels à destination du web. Mais je travaille tout de même très régulièrement pour la presse notamment des magazines. Le papier reste quelque chose de très précieux pour un photographe et pour moi d’autant plus car cela me replonge dans ces magazines féminins que je feuilletais avec émerveillement quand j’étais plus jeune. Je suis toujours honorée de réaliser ce type de collaborations car c’est pour moi une magnifique mise en valeur de mes photos. J’ai eu l’occasion de réaliser des portraits, des éditoriaux de mode ou de la nature morte.

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Tu te balades toujours entre Paris et Lausanne pour tes commandes ?
Principalement oui ! Je n’ai pas quitté Lausanne depuis la fin de mes études. J’y suis donc basée, mais beaucoup de mes clients sont à Paris, ainsi que mes agents : POLY-. Il est vrai que pour la photographie de mode, Paris est une ville incontournable, mais je suis aussi amenée à travailler à Zürich, Amsterdam, Londres et dernièrement Ibiza.

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J’ai lu que tu travaillais très souvent avec un appareil argentique et en construisant des moodboards avec les séances…
J’ai en effet appris à construire mes photographies en commençant toujours par un moodboard. Il s’agit plus spécifiquement d’une planche d’images de référence qui m’inspirent. Construire un moodboard m’aide à donner du sens et une direction à la photographie que j’ai en tête et que je vais réaliser pas la suite. C’est aussi très utile lorsque je souhaite faire part d’une idée à un client. Comme une esquisse pour un designer, le moodboard permet au photographe de transmettre son intention à l’aide de diverses références. J’utilise essentiellement un appareil photo argentique pour réaliser mes images. Et oui, les pellicules on en trouve encore ! Il y a un côté un peu magique dans le fait de ne voir apparaître ses photos qu’après le développement. Pour moi, l’esthétique de l’argentique est aussi très différente de celle du numérique ; le grain, la colorimétrie, l’aspect global de l’image… On ressent ce côté rétro que j’aime tant ! Cette technique demande également beaucoup de patience. J’aime devoir attendre quelques jours le temps du développement avant de découvrir mes photos. Cela me permet de digérer ma journée de prise de vue et d’apprécier d’autant plus mes images finales.

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Ton univers s’articule principalement autour de la mode et la nature morte. Deux pratiques bien différentes quand même ?
La mode et la nature morte sont effectivement deux pratiques bien différentes mais très complémentaires pour moi. Quand je suis sur un shooting mode, j’aime l’effervescence et la dynamique qui s’en dégage. Il y a généralement une grosse équipe derrière : mannequin, maquilleur, coiffeur, styliste, assistant, agent… J’aime que l’on passe de la bonne Funk et que l’on s’amuse. Il en ressort le plus souvent des photos très vivantes et c’est ce qui me plait le plus dans une image de mode.
À l’inverse, je pense que le métier de photographe est aussi un métier de solitaire. Ce que j’apprécie tout particulièrement lorsque je photographie des natures mortes, que ce soit des objets, des montres ou encore des accessoires de mode, c’est me retrouver seule au studio. Je suis généralement dans une atmosphère beaucoup plus calme, j’écoute de la musique classique, et le processus de travail est également plus lent.
J’ai vraiment compris à force d’expériences que j’avais besoin de ces deux pratiques pour être dans un juste équilibre.

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Tu insuffles un style vraiment retro sur tes photos…
Des « vibes retro », c’est effectivement ainsi que sont qualifiées le plus souvent mes photographies. Et ce n’est vraiment pas pour me déplaire ! Je m’amuse beaucoup à m’inspirer des esthétiques des décennies passées pour construire mes images. Pour mes photos de mode, j’aime que mes mannequins portent des blushs très rouges au niveau des pommettes et des grosses boucles dans les cheveux façon 80’s. J’aime aussi le maquillage des yeux avec des cils très dessinés comme Twiggy, cette mannequin célèbre des années 60. Je passe également du temps à trouver des objets anciens qui apportent à mes photos cette touche retro. Enfin, je pense que l’utilisation de la photographie argentique, avec toutes ses caractéristiques, contribue également beaucoup à cette esthétique retro qui prédomine dans mes images et les rend parfois difficilement datables.

https://www.calypsomahieu.com/

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