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MARTIN ALEMAN

Réalisateur et photographe, Martin Aleman s’inspire des codes esthétiques de la mode pour réaliser des séries d’images et courts-métrages de fiction. Passionné de cinéma, ce trentenaire voyageant entre Londres et le Sud de la France travaille actuellement sur l’écriture de son premier long-métrage.

Hello Martin, comment ça va ?
Hello, tout va bien merci. Je suis à Londres depuis environ trois semaines (fin mars) pour écrire un scénario de long-métrage. Ce séjour me permet de profiter d’un environnement différent, de rencontrer beaucoup de gens inspirants et de perfectionner mon anglais. Jusqu’au mois de juin, je vais pas mal bouger entre Londres et le Sud de la France.

Retrace-nous ton parcours dans les grandes lignes…
Je suis originaire de Montpellier où j’ai grandi jusqu’à l’âge de vingt ans avec des allers-retours à Ibiza régulièrement où mon père vivait. Assez tôt, j’ai su que je voulais me diriger vers le métier de comédien donc j’ai emménagé à Paris où j’ai suivi des formations pendant plusieurs années, avec comme seul objectif le cinéma. En parallèle j’ai commencé à écrire des scénarios tout en pratiquant la photo argentique en amateur, particulièrement durant mes voyages. Puis au fil du temps et des rencontres, je me suis vraiment focalisé sur la réalisation, après mon premier court-métrage je me suis fait repérer par le monde de la publicité puis logiquement de la mode.

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Aujourd’hui, tu partages ton temps entre la photo et la vidéo ?
Oui exactement. En fait, les deux fonctionnent ensemble pour moi car je travaille la photo comme un réalisateur. J’applique une méthodologie propre à la réalisation dans mon travail de photographe, je « storyboarde » mes photos, je suis des plans de travail précis, j’écris de petits scripts… avec l’objectif de toujours raconter une histoire. J’essaye de créer des tableaux vivants à l’inverse d’un shooting de modèles sur fond blanc pour schématiser un peu.

Tu es influencé par l’univers de la mode depuis toujours ?
Ma famille travaille dans la mode depuis toujours donc j’ai grandi dans cet univers et naturellement je suis influencé par ce milieu. Comme je le disais, je faisais beaucoup de photos de rue à l’argentique lors de mes voyages et les shootings de mode sont venus un peu naturellement plus tard. Ce n’est pas l’essentiel de mon activité même si j’ai collaboré avec plusieurs marques aussi bien dans le prêt-à- porter que le luxe.

Et par pas mal de photographes également…
Je suis fasciné par les photographes narrateurs, ceux qui tentent de créer de réels univers au travers de leur photos. Je pense évidemment encore à Bourdin et Newton qui pour moi réussissaient à planter des décors cinématographiques forts dans chacune de leur série, code et imagerie qu’on retrouvera d’ailleurs au cinéma, chez Lynch par exemple. J’aime beaucoup Norman Parkinson aussi, pour sa vision plus surréaliste, beaucoup de ses photos sont des tableaux et l’évolution de son travail sur les décennies est fascinante, on voit les essais, les tentatives jusqu’à aboutir à son univers. Quant aux photographes plus contemporains, je dirais que Meisel, Goude et Luchford font partie de ceux qui m’inspirent le plus, leur soin de la mise en scène allié à un esthétisme extrêmement fort et maitrisé. Pour moi ils cochent toutes les cases d’une photographie de mode mais pas que justement. On est capable de reconnaître leur travail parmi tous, et ça je pense que ça reste le plus difficile, avoir sa propre patte et en faire une signature. Je pourrais en citer des dizaines…

Tu évoquais aussi l’argentique….
J’ai commencé avec l’argentique, j’ai acheté mon premier appareil à Montpellier derrière l’Opéra quand j’avais 17 ans. Je suis tout de suite tombé amoureux du processus, sans même y comprendre quoi que ce soit. En réalité j’ai mis des années à comprendre réellement, au prix d’un grand nombre de pellicules. Je suis fasciné par cet objet, par ses rendus extrêmement diverses, ses sensibilités, ses couleurs, ou non. Je me suis d’ailleurs senti photographe le jour où j’ai pensé mes photos en rapport à la pellicule que je voulais utiliser. Je regardais les photos de Bourdin, Newton, Meyerowitz ou encore Gruyaert et je ne comprenais pas comment ils faisaient pour avoir de telles textures, couleurs… Une grande partie de leur secret était leurs pellicules et le traitement qu’ils y apportaient. La pellicule exige une certaine rigueur, il n’est pas question d’être un fou de la gâchette et de se dire “y’en aura bien une de bonne”, vu le prix, il faut prendre le temps, penser son cadre, sa lumière. Et j’adore ça, ça colle à ma manière de travailler. Mon amour de la pellicule me pose d’ailleurs des problèmes sur des shoots où les clients, aujourd’hui trop habitués à tout avoir tout de suite, me demandent de n’utiliser que du numérique. J’ai clairement moins de repère, je me sens beaucoup à l’aise avec mes appareils argentiques, plus mécaniques, plus rustres…

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Parle nous de l’un de tes derniers shootings avec Emma Mackey…
Cette série a été réalisée pour le magazine américain Flaunt en début d’année. J’ai décidé de faire de ce shooting une ode au cinéma profitant d’avoir comme modèle une actrice extrêmement talentueuse, L’idée était de la mettre en scène et de lui confier le rôle d’une actrice vivant sur un set de cinéma (chose qu’elle connaît très bien). Tout a été fait en une seule journée à Paris, ce qui était vraiment un défi. Car en plus de la série nous avons tourné un court métrage mettant en scène une équipe behind the scenes sur un tournage de cinéma. J’aimais l’idée de sortir le BTS du cadre de la captation making Off classique et de le mettre en scène. Et grâce à Emma et son talent on a pu, en 3h, penser et tourner ce court métrage en plan séquence. Il est sorti fin de semaine dernière (vendredi 1er avril).

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Tes projets pour les prochains mois ?
Ce qui m’anime et m’habite chaque jour, c’est le cinéma ! Donc je me concentre à fond sur l’écriture de ce long-métrage et sur mes autres projets de réalisation. J’ai beaucoup de projets déjà écrits dans les cartons et je vais bientôt passer à la réalisation de l’un d’entre eux. Faire de la fiction, raconter des histoires, c’est ce qui me passionne. Et puis je profite d’être à Londres pour enrichir mon travail, je me sens plus à l’aise ici, entouré de gens qui me laissent davantage de liberté, qui font confiance aux jeunes talents et qui sont plus audacieux. Je suis plus en phase avec leur mentalité sans pour autant dénigrer la France.

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