Dr Speed brouille habilement les frontières entre photographie, graphisme et art digital. Dans un univers où la réalité côtoie l’illusion, ses œuvres dévoilent une esthétique résolument onirique, imprégnée d’un mouvement perpétuel. Autodidacte assumé depuis cinq ans, son travail explore la dynamique urbaine en transformant le quotidien des villes en scènes cinématographiques fascinantes. Rencontre avec un artiste qui ne cesse d’expérimenter.
Ton travail mêle photographie art digital et graphisme et une dimension onirique très marquée. Comment définirais-tu ton approche artistique et quel a été ton parcours pour arriver à cette fusion des styles ?
Mon travail artistique s’articule autour du mouvement : mouvements urbains des transports mais aussi mouvements dans le sens déplacements des structures urbaines. Mon parcours est totalement autodidacte depuis 5 ans, grâce aux nombreux tutoriels en ligne et autres rencontres artistiques.

Dans des séries comme « 1crust » ou « Gravity », tu joues avec la ville et son mobilier urbain en les réinterprétant. Comment choisis-tu les éléments à transformer et quel message cherches-tu à faire passer à travers ces interventions visuelles ?
Au début l’inspiration venait à partir d’une photo que j’avais en stock ,
c’était d’ailleurs mon occupation pendant le confinement de 2020. Mais dorénavant, c’est plutôt l’inverse. J’observe d’avantage le paysage urbain et je cherche à le détourner. Je suis d’ailleurs plus inspiré par des lieux connus de tous car cela force l’interrogation et donc l’interêt du spectateur qui ne reconnaît de suite le lieu photographié !

Tes compositions jouent sur la perception du mouvement, entre longues expositions et ajouts graphiques. Peux-tu nous expliquer comment tu travailles cette dynamique pour donner une dimension presque cinématographique à tes œuvres ?
Tout d’abord je précise que je suis l’auteur des photos, car à la base je suis un photographe ! J’adore le cadrage, la gestion des lumières, l’incertitude d’un shooting. Mais pour arriver au rendu final, j’utilise la technique de pose longue afin de figer les mouvements à la prise de vue, et ensuite un gros travail de retouche par logiciels est entrepris (incrustation, découpage, photomontage…)

Certaines de tes images, semblent brouiller les frontières entre réalité et illusion en mettant en lévitation des fragments d’architecture. Qu’est-ce qui t’attire dans cette idée de déconstruction et de réinterprétation du paysage urbain ?
Je suis très influencé par les mangas et les films de Science-fiction de mon adolescence des années 80-90. Il est donc logique de retrouver cette atmosphère de lévitation onirique comme si le temps était suspendu…le temps d’une pose photographique !

Comment envisages-tu l’évolution de ton travail ?
Je fourmille d’idées tout le temps ! J’aimerai continuer à développer une série intitulée « La France Suspendue » qui est un modeste projet de revisiter la célèbre série la « France de Raymond Depardon » mais à la sauce découpée et flottante de Dr Speed . J’ai aussi démarré un projet de portraits mais qui serait « découpé » en laissant apparaître des éléments tirés d’un entretien préalable avec le modèle photographié…
As-tu envie d’explorer de nouveaux médiums, comme la 3D, la réalité augmentée ou encore l’IA pour enrichir ton univers visuel ?
Oui, c’est quelque chose de tentant et d’évident aussi. J’utilise déjà l’IA en tant que formidable outil de création, ce qui me fait gagner un temps fou. Mais au-delà du virtuel, j’aimerai développer au contraire des techniques statiques solides telles que la peinture, le collage afin présenter de véritables installations photographiques, le tout dans une démarche scénographique.

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