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FLORENCE BLANCHARD

Première femme à avoir pratiqué le graffiti en France sous le pseudo d’Ema, Florence Blanchard propose aujourd’hui une recherche artistique plus poussée inspirée de sa formation en génétique moléculaire. Passée en France peindre le M.U.R de Pérols (34) l’année dernière, cette montpelliéraine d’origine installée en Angleterre nous retrace son parcours et se livre sur l’évolution de son art.

Vous avez été l’une des premières femmes à pratiquer le graffiti en France… Cette période marque le début de votre parcours d’artiste. Par la suite, votre travail a pris une autre dimension visuelle ?
Je pense aux Dropmen par exemple… Et aujourd’hui, vous réalisez des œuvres beaucoup plus abstraites et géométriques…Mon grand père travaillait dans une usine de papier et malgré qu’il soit décédé avant que je le rencontre j’ai hérité de dizaines de blocs de papiers et ai passé mon enfance à les remplir de tout et n’importe quoi. J’ai découvert le graffiti à l’adolescence ce qui m’a permis d’évoluer vers la peinture sur des formats différents et m’a servi de tremplin pour une recherche artistique plus poussée au long terme. En focalisant d’abord sur le lettrage, et en passant par le figuratif puis l’abstrait, j’ai pu toucher à beaucoup de techniques comme la peinture, la sérigraphie, la gravure et le collage. Au fond, la technique ou les matériaux utilisés importent peu c’est l’énergie créative qui me pousse qui est importante. Je passe généralement par des phases et quand j’en ai marre j’essaie d’évoluer dans une autre direction. Chaque nouvelle évolution s’ajoute à l’éventail de possibilités qui s’offrent à moi et j’aime imaginer qu’un jour je trouverai le moyen d’utiliser tous ces outils pour créer quelque chose de complètement unique.

19 Florence Balnchard 2016 UK One&Only Kéa Island

De quelle manière s’inspirent-elles de vos études de sciences à New-York ?
En 2001, j’ai eu le privilège de recevoir une bourse pour faire un doctorat de génétique moléculaire sur les rythmes circadiens à l’université de New York. Grâce à çà j’ai collaboré avec les pionniers de ce domaine dont des lauréats du prix Nobel de médecine. Tout comme le graffiti, c’était un milieu à la fois très dur et passionnant. Je me suis spécialisée dans la microscopie, et ai passé 10 ans à regarder des préparations de neurones fluorescents à travers l’objectif de microscopes très puissants. C’est seulement une fois que je me suis distancée de ce milieu ainsi que de celui du graffiti que j’ai pu enfin me rendre compte à quel point ces deux pratiques parallèles ont eu un impact sur ma façon de regarder et représenter le monde. C’est à ce moment que j’ai commencé à exposer. Du graffiti je garde le support et la technique et de la microscopie je m’intéresse maintenant à l’idée de perspective et d’échelle. J’aime passer de l’infiniment petit au monumental. L’idée que les choses sont perçues différemment selon qu’on les regarde de près ou de loin me fascine.

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Oeuvre stree art de Florence Blanchard sur le M.U.R de Pérols

Vous continuez également à peindre des murs comme le M.U.R de Pérols ? Et il y a aussi votre activité de sérigraphie….
Mon activité artistique se balance entre la peinture de fresques, le travail en atelier sur toiles, et la sérigraphie. Je passe de l’un à l’autre selon mes projets personnels, les commandes ou les expositions. J’ai commencé la sérigraphie à New York grâce à des amis qui avaient un atelier dans leur salon. Je les aidais à produire des toiles qu’ils vendaient par la suite dans la rue à Soho. Une fois établie en Angleterre, j’ai acheté un lot de matériel de sérigraphie professionnel d’occasion en 2012 et depuis je travaille sur mes propres créations. La sérigraphie demande beaucoup de rigueur, on n’apprend qu’en pratiquant et en calibrant au fur et à mesure. Il y a un gros coté expérimental que j’aime beaucoup.

1CHR1137 christophe ruiz Perols One&Only Kéa Island

Quel regard portez-vous sur le street art et l’art contemporain aujourd’hui, les galeries et les changements intervenus depuis plusieurs années ?
Le monde change et les mouvements viennent et s’en vont. Comme tout le monde je suis sur les réseaux sociaux et je suis d’un œil ce qu’il se passe mais j’essaie de ne pas trop m’investir afin de pouvoir tracer mon propre chemin.

2 Florence Blanchard 2015 UK One&Only Kéa Island

Vous êtes désormais installée en Angleterre, est-ce plus facile de travailler et exposer Outre-Manche ?
Je ne pense pas que ce soit plus facile en Angleterre car ici il n’y a pas d’aides sociales comme en France. Les budgets publics pour la culture sont pratiquement inexistants. Il n’y a pas d’allocation chômage, ou au logement, ou autres perles administratives typiquement françaises qui pourraient aider un artiste en début de carrière. Mais en contrepartie les gens sont très ouverts au niveau culturel, et il y a un dynamisme extraordinaire quand il s’agit d’initiatives privées.

Quels sont vos projets actuellement ?
Une prochaine exposition ? Montpellier ?

En ce moment je me concentre principalement sur la production de nouvelles œuvres sérigraphiées en collaboration avec la Galerie Nelly Duff à Londres.

https://florenceblanchard.com/

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